The Outer Worlds (2019 – Playstation 4)

THE OUTER WORLDS

2019
Studio : Obsidian Entertainment
Editeur : Private Division
Genre : FPS RPG
Multijoueur : Non
Joué et testé sur : Playstation 4
Existe sur : Playstation 4, Xbox One, PC (2020 : Switch)

Synopsis : Le jeu se déroule dans un futur alternatif dont le point de divergence se situe en 1901 : le président des États-Unis William McKinley n’est pas assassiné par Leon Czolgosz à l’Exposition Pan-américaine. Theodore Roosevelt ne lui succède alors pas, permettant aux entreprises d’étendre leur emprise sur la société, aboutissant à un monde futuriste où les mégacorporations ont pris suffisamment d’ampleur pour explorer l’espace et y coloniser des planètes.

Si dans les faits, The Outer Worlds n’est pas le plus beau jeu du monde, ni le plus long jeu du monde, ni tout ce que vous voulez, il aura malgré tout fait parler de lui et aura su s’attirer le regard de toute une communauté, pour deux raisons. La première, c’est le fait que le jeu soit développé par Obsidian Entertainment. Un peu d’histoire ne fera pas de mal, puisque Obsidian a été créé en 2003 par d’anciens membres du studio Black Isle. Black Isle donc, un studio qui aura existé pendant un peu moins de 10 ans, créé en 1996, et qui aura lancé une saga perdurant encore aujourd’hui : Fallout. Ils ont fait les deux premiers opus, avant de se lancer début 2000 dans d’autres genres en faisant Icewind Dale puis Baldur’s Gate Dark Alliance 2. Lorsque le studio ferme en 2003, Obsidian nait. Et tout de suite, on reconnaît leur patte dans les jeux développés : Star Wars Knight of the Old Republic 2, Alpha Protocol, ou encore South Park : Le Bâton de la Vérité. Oui, des jeux avec beaucoup d’éléments RPG, voir des RPG. Et en 2010, Bethesda, à présent détenteur des droits de Fallout et ayant développé un Fallout 3 dans leur coin, demande à Obsidian de développer Fallout New Vegas. Du coup forcément, l’annonce d’un nouveau FPS en mode RPG, ça fait envie venant d’eux. Et de l’autre côté, les récents événements entourant la licence Fallout fait que forcément, pour avoir notre dose de FPS RPG, mieux vaut se tourner vers de nouvelles licences. Car Fallout récemment, c’est Fallout 4, très sympa mais à l’aspect RPG aussi poussé qu’un questionnaire en ligne nous proposant oui et non comme réponse mais amenant forcément à la page suivante peu importe le choix, et Fallout 76, on en parlera même pas face à la plus grosse arnaque de ces 5 dernières années.

Du coup, The Outer Worlds, débarquant fin 2019, et faisant de l’œil à beaucoup de fans des débuts de Fallout, avait de quoi plaire. Après avoir torché le jeu en long en large et en travers sur une quarantaine d’heures, je peux vous donner mon verdict, et annoncer facilement que le jeu n’est ni plus ni moins que ce qu’il prétend être… le tout entrecoupé d’affreusement longs temps de chargement. On y incarne donc le personnage de notre choix avec un créateur de personnage assez poussé (et inutile, rappelons que l’on joue en vue subjective hein, FPS), un nom à lui donner et quelques points de compétence à répartir pour commencer sur de bonnes bases, soit à mettre dans un peu toutes les catégories, soit pour booster une catégorie précise quitte à avoir moins de choix par la suite. Mais on y reviendra à cet arbre de compétence, car il est sympathique comme tout. Bref, on se réveille, décongelé par un docteur fou dans un vaisseau à la dérive, après un petit sommeil de plus de 50 ans, pour y découvrir la galaxie. Ou du moins, un système solaire qui a été colonisé il y a quelques années et qui ne va pas très bien. Le Conseil règne sur le système, mais la vie va mal. Plusieurs factions se font la guerre, le conseil veut absolument attraper notre sauveur, et on nous envoie donc dans ce monde afin de récupérer de quoi réveiller le reste des colons de notre vaisseau à la dérive, appelé L’Espoir. Très vite, The Outer Worlds nous montre ce qu’il a dans le ventre, à tous les niveaux. On nous balance sur des mondes ouverts de taille modeste où l’on va affronter de multiples monstres, bandits, factions, visiter des villes, prendre part à des conflits, puis passer à d’autres planètes, recruter jusqu’à six compagnons, et faire des choix, beaucoup beaucoup de choix.

La première force de The Outer Worlds, et on s’en rends compte dés le début de l’aventure, c’est la liberté d’action qu’il nous met entre les mains. Dès la première planète, nommée Terra 2, on a de quoi faire. On est bien loin donc de ce que Fallout est devenu, puisque la plupart des conflits pourront se régler tout simplement en parlant. À condition d’avoir des compétences assez évoluées (oui, on y revient déjà). Dans ces mécaniques, The Outer Worlds nous permet d’ajouter 10 points de compétences dés que l’on passe un niveau, dans des catégories très diverses : armes à une main, à deux mains, discrétion, piratage, esquive, persuasion, mensonge, intimidation, médecine, science et j’en passe. Les catégories sont regroupées par paquet de trois, que l’on monte jusqu’au niveau 50 (donc, 50 points de compétences) avant de devoir les monter individuellement jusqu’au niveau 100. Et les choix sont parfois difficiles dans ce fameux arbre de compétences. Les compétences d’armes feront plus de dégâts ou permettront de porter plus de munitions, d’en trouver plus, tandis que la discrétion pourront changer beaucoup de choses dans notre approche de certains camps de bandits. Mais surtout, il y a les autres. Persuasion, mensonge, intimidation, tout cela nous rajouteront des choix lors des nombreux dialogues, tandis que la science, le piratage ou la médecine pourront débloquer carrément de nouvelles possibilités lors de quêtes, voir de nouvelles quêtes, tout comme la compétence d’ingénierie. Avec un haut niveau de piratage, on pourra forcer une porte nous amenant plus rapidement à notre objectif ou nous faisant passer derrière des ennemis.

L’ingénierie nous permettra de réparer des objets et d’accélerer certaines quêtes ou d’obtenir plus facilement certains objets. Tout cela amène pour chaque mission des approches différentes. Et donc, il y a les choix lors des dialogues. Dialogues qui sont sans doute la plus grande force du titre. Déjà parce que l’univers proposé nous offre un nombre incalculable de séquences blindées d’humour noir assez savoureux, entre l’ingénieur qui utilise des cadavres humains comme engrais, l’informateur qui nous propose ses fameux cookies à chaque fois, notre mécanicienne qui veut se préparer pour un rendez-vous galant… En fait, on peut dire que tout le monde est assez perché, mais sans aller dans la caricature pure et dure ou dans le grotesque. Un humour et un côté humour noir bien dosé donc. Mais surtout, via nos choix, il est possible de jouer à The Outer Worlds de façons différentes. Oui, vous pouvez arriver face au Maire d’une ville, lui tirer dans la tête, et continuer vos quêtes un peu plus rapidement, tout en ayant quelques difficultés puisque tout le monde dans la ville vous tirera dessus à vue (cela m’est arrivé sur Monarch). Mais vous pouvez aussi dialoguer avec les personnages et faire le choix de rallier un camp, ou l’autre. Dans ce cas, votre réputation vers le camp que vous rejoignez augmentera, tandis que la réputation vers l’autre camp descendra, logique. Mais il y a aussi la troisième option, pacifique, avec le dialogue, où vous refuserez de rejoindre un camp, et resterez neutre. Ou mieux, ou vous allez parfois avoir de nouvelles quêtes pour tenter d’amener la paix entre ses factions. Et c’est là que The Outer Worlds devient passionnant.

Bien entendu que l’on peut foncer dans le tas sans réfléchir, annihiler des populations, des factions entières. Ou bien l’on peut se la jouer fine bouche et dire non à la violence. Ou tenter de tromper un ennemi via le dialogue avant de leur tirer une balle dans le dos pour rendre une mission plus aisée. Les possibilités sont énormes, et du coup, entre chaque joueur, l’aventure sera forcément quelque peu différentes. Car parfois, il faudra faire certaines missions et certains choix en faveur d’une faction pour pouvoir amener la paix, ou du moins gagner la confiance du groupe afin de faire le bon choix par la suite. Ce qui m’aura été impossible à un moment, un chef de faction ne me faisant pas assez confiance pour accepter de dialoguer avec une faction ennemie. Les mécaniques RPG fonctionnent donc super bien. Dans le fond donc, on l’a vu, The Outer Worlds fait fort, surtout qu’on peut ajouter que les contrôles, très classiques pour un FPS, fonctionnent très bien. On a le classique ralentis, les tirs dans des zones donnant des bonus (enfin, des malus à la cible), des armes par dizaines auxquelles l’on pourra ajouter divers effets (feu, électricité, poison). Oui, ça fonctionne bien. Et heureusement, car il faut avouer que dans le reste, The Outer Worlds peut décevoir, surtout le grand public en fait. Car le jeu n’est pas le plus beau du monde. Arrivant fin 2019, et donc lors de la dernière année de cette génération de console, le jeu semble être un jeu de 2015. Les décors sont parfois jolis et inspirés mais manquent un peu de finition, tandis que les animations faciales sont moyennes. Certaines animations de manière générale sont également assez moyennes. Mais rien de trop grave à mes yeux, l’aspect graphique n’étant pas le plus important à mes yeux, et la variété des planètes permet néanmoins de varier les plaisirs niveau direction artistique.

Pas mal de planètes, malgré des zones de taille moyenne, des astéroïdes, des villes plus ou moins grandes, et même un gros vaisseau commercial appelé Le Précurseur. Au niveau des compagnons, on aura donc le choix d’embaucher (ou pas) six compagnons, comme Parvarti dés la première planète, Ellie, Nyoka ou j’en passe. Même un robot. À ce niveau, certains sont plutôt intéressants et vous aurez envie de compléter les quêtes les concernant pour en apprendre un peu plus sur eux, ou tout simplement pour vous marrer un coup face aux différentes situations. Mais il faut avouer que d’autres ne sont pas franchement intéressants non plus et qu’on les laissera rapidement de côté, autant au niveau des quêtes que des missions où on préférera les laisser à bord du vaisseau, puisque l’on ne peut emmener que deux compagnons avec nous à chaque exploration. Mais non, le vrai gros point faible du jeu pour moi, ce sera tout simplement ses temps de chargements, tournant souvent autour de 30 secondes. Ce qui pourrait être acceptable, sauf que lorsque l’on lance une sauvegarde, que l’on est dans une ville, on se tape 30 secondes. Mais dés que l’on sort de la ville, 30 secondes encore. On check la map et remarque l’objectif est dans une ville à l’opposé de la map. Soit on traverse la map en tuant bandits et créatures, soit on se téléporte devant la ville, donc 30 secondes encore. Et une fois devant la ville, il faudra ouvrir la porte et rentrer, et donc paf, 30 secondes encore. Avouez que ça commence à être long. Alors lorsque l’on doit rentrer dans un bâtiment juste pour tuer des créatures et ressortir à peine quelques minutes après pour avertir un PNJ que la mission est accomplie, on se tape facile 2 minutes de chargement pour 10 minutes de jeu.

Alors lors de certaines longues missions, ou lors des premières explorations des villes, où l’on peut parler à énormément de monde, faire des choix très différents, cela ne dérange pas, mais à d’autres, totalement. Au niveau des petits défauts, il y a également le final du jeu à mes yeux, un peu en dessous du reste. Là, sauf si vous avez monté vos compétences au niveau 100, certains choix seront bloqués, et la seule option possible sera de foncer tête dans le tas à certains moments pour vider la zone et continuer d’avancer. Et puis tout à coup, le jeu vous met un ennemi face à vous, beaucoup plus fort que la normale, et je vous souhaite donc d’avoir bien amélioré vos armes, d’avoir le plein de munitions, et de ne pas être en difficulté Supernova où vos compagnons risques d’y rester. Surtout que cet ennemi est capable d’amener avec lui de multiples petits robots pour faire descendre votre barre de vie à vitesse grand V. Sympathique. Dommage également que la fin, bien que pouvant être définitive, reste malgré tout assez ouverte, et que je sens une suite pointer le bout de son nez, mais Obsidian ayant maintenant été racheté par Microsoft, possible que la suite de l’aventure soit exclusive à Microsoft et à la Xbox. Dommage, mais bon, rien à voir avec le dit jeu actuel. Mais voilà, The Outer Worlds, c’était très bien, et pourra plaire à tous les amateurs de RPG malgré la vue FPS imposée (et donc le créateur de personnage inutile). Un jeu avec une histoire blindée d’humour, et surtout une histoire entièrement solo, sans une once de multijoueur, mais dont il ne faudra surtout pas attendre de lui d’être une vitrine technique, le jeu accusant un sérieux retard à ce niveau.

Les plus

Enfin un vrai FPS en RPG
Pas mal de planètes pour des lieux variés
Des choix qui changent la façon de jouer
Bon arbre de compétences
L’humour noir des dialogues

Les moins

Graphiquement en retard
Les temps de chargement, longs et fréquents
Quelques personnages moins intéressants

En bref : Sans être une claque, The Outer Worlds fait parfaitement bien ce qu’il nous promet. L’aventure change vraiment avec nos choix, les approches peuvent être très différentes. Ajouter à cela beaucoup d’humour dans les personnages rencontrés et un gameplay qui fonctionne bien, et on obtient un très bon jeu dont on pardonnera le retard technique, malgré ses fichus chargements.

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