Star Ocean : The Last Hope Remaster (2017 – JRPG)

STAR OCEAN: THE LAST HOPE REMASTER

2017
Studio : Tri-Ace
Editeur : Square Enix
Genre : Du vrai JRPG
Multijoueur : Non
Joué et testé sur : Playstation 4
Existe sur : Playstation 4, Xbox One et PC

Synopsis : L’histoire se déroule dans un avenir lointain, où la planète est ravagée par une troisième guerre mondiale qui à dévasté la Terre. Acteur et victime de ce chaos, l’espèce humaine projette donc un voyage dans l’océan stellaire pour y trouver une planète vivable. Edge Maverick et Reimi Saionji arrivent alors sur la planète Aeos, sans se douter qu’en réalité, nous ne sommes pas seuls dans l’univers…

Je vais l’avouer, je n’ai jamais touché à la saga Star Ocean. La grande saga concurrente de Final Fantasy, venue de chez Enix avant la fusion entre Squaresoft et Enix (avec Dragon Quest) m’était totalement inconnue. Et puis, la sortie du dernier opus en 2016 n’avait pas été franchement bien accueillie. Mais, soldes de Janvier (qui débarquent mi Décembre) oblige, je me suis penché vers quelques titres Japonais qui étaient souvent chers à mes yeux, soit par leur qualité, soit car je ne savais pas si j’apprécierais réellement le jeu. Et du coup, quoi de mieux que de se lancer dans la saga Star Ocean par l’opus The Last Hope, remasterisé en Full HD 4K, qui fait office de préquelle à l’univers ? Oui, je sais bien que l’opus en question avait été reçu assez sévèrement lors de sa sortie originelle sur Xbox en 2009 puis sur Playstation 3 en 2010, mais j’ai le goût du risque quand ça ne coûte pas trop cher. En tout cas ce qui est amusant, c’est de voir que Star Ocean semble toujours préparer le terrain pour les JRPG suivants. The Last Hope sortait en 2009 quelques mois avant Final Fantasy XIII, et dans le cas du dernier Star Ocean en date, même cas de figure, quelques mois avant Final Fantasy XIV. N’ayant joué du coup à aucun autre opus de la saga, je ne pourrais pas comparer avec les précédents, ni avec le suivant. Mais une chose est sûre, c’est qu’après quelques heures, j’avais bien compris une chose. The Last Hope fait dans la démesure la plus totale. Vous aimez les histoires longues et les dialogues ? Les scènes cinématiques vont durer une éternité parfois. Vous aimez les longs donjons ? Ils vont être sacrément longs. Vous aimez les clichés ? Le jeu les enfile sans honte. Vous aimez les boss retords qui vont vous faire transpirer ? Parfait, The Last Hope a ça aussi. Du coup, il pourrait apparaître parfois comme déséquilibré à forcer d’aller à fond dans tous les domaines. Sauf qu’au final, après un « petit » run de 75 heures, je suis venu au bout de la bête, et j’ai adoré.

C’est sûr, le jeu est loin d’être parfait, mais il trouve un certain équilibre entre un ton parfois fun et léger et une intrigue parfois assez sombre, des thèmes adultes et un traitement léger, des moments calmes et des moments épiques, des boss énormes et des donjons parfois un poil trop long, une certaine linéarité mais un univers riche, un design souvent réussi et quelques fautes de goûts. The Last Hope, c’est le jeu des extrêmes en réalité. Et comme tout JRPG, l’introduction sera longue. Encore plus si l’on se lance dans le simulateur de combat pour apprendre les bases (ce que j’ai fais). L’ensemble se déroule environ 20 ans après la troisième guerre mondiale, qui aura forcé l’humanité à vivre sous Terre. Pour poursuivre, les humains ont décidés de se tourner vers la conquête spatiale, et notre jeune héros, Edge Maverick, est de la partie, étant sur l’équipe du Calcius, un des premiers vaisseaux partant visiter un possible monde désert et habitable pour l’espèce humaine. The Last Hope, et Star Ocean en général donc, mélange jeu de rôle fantaisiste classique (façon Final Fantasy) avec de la science fiction, et ça marche bien. Mais ce qui frappe en premier lieu, c’est clairement le point de départ sombre de l’intrigue, alors que les premières heures par la suite seront bien plus calmes, et même presque niaises, pendant que l’on fait connaissance avec les deux personnages principaux, à savoir Edge donc, stéréotype du héros au grand cœur, et son amie d’enfance Reimi. D’emblée, le jeu nous dévoile son choix. Les cinématiques sont longues, il se passera bien une heure avant que notre vaisseau ne se pose enfin sur la première planète à explorer, et donc que le premier combat ne s’engage.

Et moi qui peste habituellement sur les trop longues cinématiques, et bien pas là. Car malgré certains clichés puis par la suite certains éléments un peu trop fan service, l’ensemble a néanmoins été bien écrit. En terme d’histoire justement, sachez qu’il faudra cibler sur du 50 heures environ pour terminer l’intrigue en ligne droite, et que bien entendu, il faudra y ajouter le contenu annexe, de nombreuses quêtes secondaires, pas mal d’activités, et même une fois le jeu terminé des donjons cachés (deux). Mais revenons à notre intrigue, qui va nous emmener d’une planète à l’autre durant bien 50 heures, et rencontrer de multiples personnages, dont certains rejoindront l’équipe, pour que nos deux héros forment finalement une équipe de huit (ou neuf) personnages. Ce qui commence comme une simple mission d’exploration sur la planète Aeos va très rapidement se transformer en exploration de la galaxie, puis en sauvetage de la galaxie, comme tout bon JRPG qui se respecte. On pourra dire que le jeu est très généreux dans ce qu’il propose, il y a plusieurs planètes, et si certaines sont assez courtes, d’autres réservent quelques surprises (ah les voyages dans le temps), tandis que d’autres sont bien plus vastes et variées (Roak, une petite planète dont la map commence à la plage, avant de partir en montagne, avant d’arriver dans une première ville, puis un désert avec sables mouvants, une seconde ville, et un donjon). Le scénario de The Last Hope, qui fut souvent très critiqué à sa sortie, m’a bien plu. Pareil pour les personnages.

On y retrouve certains clichés inhérents au genre dans le scénario, et certains personnages moins inspirés que d’autres, mais The Last Hope fait dans la variété, et se fait très plaisant et même très attachant. L’histoire tout simple de base (chercher une planète à coloniser) se transforme très rapidement en quête initiatique pour notre personnage et en sauvetage de la galaxie entière face au Grimori, des cristaux animés de conscience qui veulent détruire toute civilisation. Classique je sais, le bien, le mal, tout ça. Mais plutôt bien écrit et bien mené. Surtout qu’au final, malgré quelques moments légers, le fond de The Last Hope, plein d’espoir comme le dit si bien le titre, n’est pas si léger que ça, avec la destruction de l’humanité en toile de fond, l’amitié avec d’autres civilisations, l’exploration spatiale, mais par moment des éléments bien plus sombres comme l’annihilation complète de planète (j’ai adoré ce passage d’ailleurs). Le scénario file plutôt rapidement et nous amène de planète en planète, et les lieux visités sont tous bien différents. Aeos semble être une forêt luxueuse avec ses nombreuses grottes infestées d’insectes géants, Lemuris semble beaucoup plus rural et est également enneigé (voir parfois glacé, ce qui fait patiner le personnage si l’on court). Et puis parfois, l’ensemble change et l’on visitera des vaisseau mère d’autres civilisations, bien plus avancées que nous, ou même cette Planète Terre, mais dans les années 50, alors en pleine recherche du nucléaire et des premières conquêtes spatiales. Intéressant. Les personnages sont pour la plupart attachants, malgré les clichés qu’ils enfilent, sans honte. Certains auront même un fond intéressant et plutôt triste, avec la perte de l’être aimé (Myuria), de leur famille (Lymie). D’autres sont moins intéressants et font plus office de personnages comiques pour détendre l’atmosphère (Sarah), mais certains notes d’humour m’auront fait sourire.

The Last Hope a donc un fond plutôt sympathique. Et par moment fort prenant. Pour preuve, j’y aurais passé un grand nombre d’heures. Mais au-delà de ça, ça vaut quoi niveau gameplay, graphismes et tout ça ? Graphiquement, si je ne peux pas comparer avec le jeu original, et bien pour un remaster d’un jeu qui a 10 ans maintenant, ça a plutôt de la gueule. L’exploration des lieux extérieurs flatte parfois la rétine, avec une belle distance d’affichage, des lieux variés et soignés. On ne pourra certes pas toujours en dire autant des donjons, mais bon. D’ailleurs, en parlant de donjons, il est de bon ton de revenir dessus une bonne fois pour toute. The Last Hope faisant dans la démesure, les donjons ne sont pas en reste, et certains sont sacrément longs, avec des points de sauvegardes bien éloignés, et il faudra parfois un certain temps (pas loin de deux heures pour certains donjons) pour en venir à bout, à condition de ne pas mourir bêtement face aux boss. Mais voilà, graphiquement, si l’on adhère au design des personnages, ça a plutôt de la gueule, et surtout le jeu reste fluide en toute circonstance. Sur toutes les heures de jeux, je n’aurais eu une baisse de framerate que sur un boss (celui du sanctuaire). Mais voilà, The Last Hope est beau, et fourmille de petits détails pour rendre son monde vivant. Sur certaines planètes, des petits insectes inoffensifs et à peine perceptibles volent autour de nous par exemple. Mieux, l’eau est plutôt jolie, Fallout 76 datant de 2018 pourrait en prendre de la graine. Bon tout n’est pas parfait, surtout en terme d’animation pure, et il faut aussi reconnaître certaines fautes de goût, comme par exemple ces lapins roses qui renvoient aux chocobos de Final Fantasy. Un bon fond, des personnages attachants, un équipage complémentaire, de beaux graphismes, un jeu fluide.

Pour finir d’ailleurs sur la technique, parlons un peu d’un grand point fort du jeu, à savoir sa musique. L’ost signée Sakuraba Motoi détonne. Que ce soit lors de l’exploration avec des thèmes plutôt calmes et parfois enjoués lors de la visite de certaines villes, ou dans les combats. Et là, immédiatement, ça prend une autre tournure, plus rythmée, plus épique, et ça convient parfaitement. Mention spéciale au thème des combats de boss, qui rentre facilement dans mon top 5 des meilleurs thèmes de boss. Et le gameplay ? Et bien facile, on touche là à l’autre grande qualité du titre. Si hors combats, l’amateur de JRPG est en terrain connu, avec de l’exploration de map, discuter avec des PNJ, résoudre quelques quêtes, les combats eux sont à l’opposé d’un Final Fantasy. Pas de tour par tour, mais du combat en temps réel une fois que l’on rencontre un ennemi sur la carte. Là, le jeu change littéralement, les coups sont fluides, l’action dynamique, ça explose de partout, et surtout, les possibilités sont énormes, si bien qu’il m’est arrivé de ne véritablement maîtriser une technique qu’après 40 heures de jeu, rien que ça. Le joueur peut en effet paramétrer la manière dont nos trois autres coéquipiers vont se la jouer (à l’écart, rentre dedans avec ou sans utilisation de PM, en duo), et planifier à l’avance les coups possibles dans les combos (effectués par les boutons R et L). Et puis, il y a le mode Vitesse, qui permet de faire plus de coups critiques, ou d’enclencher carrément des attaques dévastatrices à deux, et surtout, les attaques surprises.

En chargeant une touche et d’une pression sur le stick au bon moment lorsque l’on nous attaque, notre personnage va éviter le coup, contourner l’ennemi, et pouvoir lui donner des coups critiques dans le dos. Assez jouissif, et finalement assez technique, puisque trop tôt et c’est le drame, trop tard aussi, et que charger le bouton trop longtemps étourdit notre personnage. C’est fun, c’est complet, c’est technique. C’est parfait en somme. Et il faut bien ça face aux nombreux ennemis. Indéniablement donc un des meilleurs points du soft. Et à côté de tout ça, comme tout JRPG qui se respecte, il y a les à côtés. Des quêtes annexes en pagaille sur chaque planète (certes beaucoup de quêtes Fedex…), des PA (private acton) avec de nombreux personnages à voir à des moments précis, et surtout, oh oui, il y a quelques aspects apparemment typiques de Star Ocean, mais que j’ai donc découvert. Il y a déjà les trophées de combat. Chaque personnage a donc 100 actions spécifiques (donner le coup final en combat tant de fois, faire des tirs de loin, vaincre un ennemi paralysé ou empoissonné… ou gagner 500 combats, être leader pendant 3 heures). Alors certes, c’est au final peu utile, mais une fois les 30% atteint pour un personnage, de nouvelles voix sont disponibles (pour les phrases de fin de combats), et une fois 50%, le joueur pourra booster le niveau de son personnage encore plus loin. Faites le calcul maintenant, 9 personnages, 100 actions par personnage… Mais ce n’est pas tout, puisqu’il y a la création d’objet. Il faudra déjà faire des recherches, seul, par équipe, par duo, pour trouver des formules de création d’objets. Autant dire qu’il y a de quoi y passer des heures, mais que la création d’objet, puis plus tard la synthèse d’objet permet de créer les meilleures armes du jeu, ainsi que le meilleur équipement.

Mais encore une fois, ce n’est pas tout, puisque le jeu ajoute le Colisée. En équipe ou avec un seul personnage, il faudra affronter des ennemis variés pour atteindre la première place du classement, et gagner des points. Points que l’on peut échanger bien entendu contre des armes, objets et j’en passe. De quoi allonger la durée de vie encore plus, en plus d’en tirer une grande satisfaction bien entendu. Et une fois le jeu terminé, il sera possible de recharger sa sauvegarde pour continuer d’explorer le monde, et directement après, d’affronter un solide dragon qui nous offrira un objet, déverrouillant de nouvelles zones, et l’accès à deux nouveaux donjons. Des donjons optionnels qui ne s’adressent qu’aux joueurs les plus patients et doués, car là le pic de difficulté dés le premier ennemi monte d’un cran. Du tout bon en tout cas. Contenu énorme, histoire longue et intéressante, personnages pour la plupart attachants, joli et bourré de petits détails, avec des combats dynamiques et de superbes musiques, Star Ocean the Last Hope m’a conquis. Peut-être que la version d’origine était beaucoup moins bonne, mais en l’état, j’ai envie de dire qu’il s’agît de mon JRPG préféré de la PS3 (même si joué sur PS4 en remaster, mais sur PS4, Persona 5 gagne la première place).

Tout n’est pas parfait, on aura parfois quelques clichés, une bonne petite morale comme les JRPG savent le faire, quelques fautes de goûts avec ces gros lapins roses, et si le jeu est beau, certains lieux sont bien moins inspirés. Et puis, il y a ce dernier donjon (le vrai dernier donjon, celui de la fin du jeu), véritable labyrinthe à traverser au petit bonheur la chance sans sauvegarde, que j’aurais du recommencer une seconde fois car… j’étais passé à côté d’un objet à ramasser lors de la première partie du labyrinthe, et l’on ne peut pas y revenir par la suite… Un donjon plein de bonnes idées (le temps qui s’arrête, tout ça), mais hautement frustrant. Dans le fond, le boss de fin aussi fut frustrant, et il faut dire que bon, le combat en lui-même, sans les cinématiques, a duré malgré tout une heure, avec mes personnages niveau 65. Long, éprouvant, parfois technique, mais au final terriblement fun malgré tout. Et puis, d’habitude, on sauve toujours la Terre, ou la planète du jeu en cours. Mais là, je peux malgré tout dire que j’aurais sauvé toute la galaxie, c’est pas rien non ?! Sur ces belles paroles, en plus de recommander Star Ocean The Last Hope (remaster Full HD 4K), je m’en vais écouter l’ost et tenter enfin d’atteindre la première place du Colisée ! Oui, je suis persévérant !

Les plus

Un contenu annexe bien fourni
Les musiques épiques
Les combats jouissifs et dynamiques
Un univers bien sympathique
Un titre plutôt joli
Des boss parfois retords et techniques

Les moins

Mais malgré tout perfectible techniquement
Ces lapins roses !
Le dernier donjon, frustrant

En bref : Boudé à sa sortie, The Last Hope en version Remaster est un jeu complet, en terme de contenu déjà. Le jeu est long, très long, l’aventure alterne exploration, longues cinématiques, longs donjons et boss dantesques, le tout avec un système de combat archi dynamique. Un très bon JRPG, et une bonne entrée dans l’univers de Star Ocean.

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