Bring To Light (2018 – Horreur et Énigmes)

BRING TO LIGHT

2018
Studio : Red Meat Games Inc
Editeur : Red Meat Games Inc
Genre : Vive les souterrains
Multijoueur : Non
Joué et testé sur : Playstation 4
Existe sur : Playstation 4, Xbox One et PC

Synopsis : Après un accident de train, vous êtes le seul survivant dans les débris. Vous allez devoir explorer les tunnels et vous enfoncer dans les profondeurs pour trouver une sortie. Mais dans l’obscurité, quelque chose vous guète.

Red Meat Games est un petit studio Canadien, au départ spécialisé dans le développement des jeux sur mobiles. Donc de base, pas du tout mon domaine. On trouve dans leur catalogue des jeux typés arcade ou des jeux de trivia. Mais un jour, ces développeurs se sont dis qu’ils allaient se lancer dans l’aventure d’un jeu horrifique pour PC au départ, puis sur console, le tout avec la possibilité de jouer avec le dernier joujou du moment, à savoir les casques de réalité virtuelle, et sur PC, la possibilité d’utiliser des données biométriques de battement cardiaque afin de savoir quand le joueur est en bonne condition pour le faire flipper à coups d’effets sonores et j’en passe. Pourquoi pas, au moins, c’est novateur. Sur console par contre, ce procédé, tout comme la réalité virtuelle, est absente. Mais comme les deux ne m’intéressent pas, qui va s’en plaindre ? Pas moi ! Après une sortie en Juillet sur PC avec des avis plutôt positifs sur Steam (et un mauvais avis sur jeuxvideo.com), Bring to Light débarque donc sur Playstation 4 et Xbox One en Décembre de cette même année, pour nous souhaiter de bonnes fêtes. Et en lançant le jeu, aucune surprise, Bring to Light est un jeu horrifique tout ce qu’il y a de plus banal dans le genre. Oui oui, vous savez, la vue subjective, la lampe torche pour s’éclairer, l’absence d’armes, devoir être discret pour échapper au danger. Outlast n’a pas fini de faire des émules, pour le meilleur et pour le pire. Tout comme donc dans le train, et après un déraillement, nous contrôlons notre personnage perdu au milieu des débris. Nous semblons être le seul survivant, mais l’absence de cadavre me fait plutôt dire que nous étions dans le dernier train de la journée et que nous étions seul.

Et immédiatement, on se rend compte que Bring to Light en a dans le ventre. C’est plutôt beau (bien que parfois un peu sombre), les effets de lumières sont très jolis, le jeu est parfaitement optimisé et ne plante pas, et n’a même pas de ralentissements. Du bon boulot en terme de technique. Puis on commence à déambuler dans les tunnels, on trouve des lampes torches à la batterie toujours aussi nulle (le syndrome Outlast, encore), et ce qui frappe dans un premier temps, alors qu’il ne se passe encore rien de palpitant techniquement, c’est que Bring to Light a une ambiance. Une très bonne ambiance même. Les lieux sont sombres et lugubres, et l’ambiance sonore aux petits oignons, entre les bruitages de fond, les bruits juste autour de nous, l’ambiance musicale très discrète mais qui convient parfaitement. Si bien que sans savoir grand-chose du jeu, et bien que comprenant très rapidement que le jeu ne va pas être un vrai jeu d’exploration (il y a souvent un chemin unique tout tracé, et quelques zones un peu plus ouvertes), et bien on avance plutôt doucement. Chaque couloir sombre se fait oppressant, surtout que dans l’obscurité, on sent des regards, on entend des murmures. Mais nous sommes dans les tunnels du métro, que pourrait-il bien se passer de si méchant ?

Et bien même si le jeu va rapidement nous amener toujours plus profondément dans les souterrains de cette ville, le joueur lui ne sera pas forcément à l’aise dés le départ. On sent que quelque chose est là, mais pendant bien 20 minutes, rien. L’attente, l’attente avec crainte du moment où quelque chose surgira pour nous et nous forcera alors à faire plus attention, ou à courir. Ce moment, il arrive. Et là, Bring to Light passe de jeu d’ambiance à jeu horrifique. Et c’est ainsi qu’il était vendu. Comme un jeu horrifique influencé par l’univers de Lovecraft. L’influence, on la ressent. Des monstres assez difformes, allant de la « petite » araignée au grand monstre rappelant clairement les Hunters du premier Resident Evil, des mythes anciens, une citée souterraines. L’influence est là, et ça fonctionne durant environ, la moitié du jeu. Malgré un côté assez limité dans ces mécaniques et quelques petits défauts, la première partie du jeu fonctionne bien. Alors oui, on pourra pester dans les moments les plus sombres sur ce téléphone qui n’éclaire quasiment rien et cette lampe torche qui éclaire quasiment trop, ou sur ses ennemis à l’IA pas très développés et qui nous oublient au bout de 4 secondes dés que l’on franchit une porte, mais pour peu que l’on adhère à l’ambiance, ça marche. On navigue entre les tunnels, des trains à l’arrêt, de très longs couloirs de métros, puis forcément, on n’y coupera pas, des égouts, avant de véritablement finir dans des lieux plus influencés par Lovecraft, ou par la mythologie Maya.

Et jusqu’à ce moment là, Bring to Light m’avait conquis. Mais c’est dés lors que l’on arrive dans des lieux plus mystiques que le jeu effectue un virage à 180 degré assez brutal. Là où jusque là, on se contentait d’avancer en profitant de l’ambiance, en évitant quelques monstres (que l’on peut faire fuir avec de la lumière), et en trouvant quelques fusibles, une fois l’aventure bien entamée, le jeu dit quasiment intégralement au revoir à l’horreur, à l’ambiance, et se lance dans… le jeu d’énigme. Oui, pour avancer, et ce jusqu’à la fin de l’aventure, il faudra résoudre pièce après pièce des casses têtes, à base de lumières et de miroirs à faire pivoter pour ouvrir les portes. Et ce pendant bien 1h30, jusque la fin du jeu en fait. Pour une aventure d’environ 5h, et se voulant en premier lieu horrifique, c’est assez étrange comme choix. Pas désagréable, certaines pièces étant même bien foutues, et revoir de vraies énigmes dans un jeu horrifique faisant également du bien, mais tellement mit en avant au détriment de tout le reste que l’ambiance change radicalement. On finirait presque Bring to Light en mode relax, sans craintes, et sans peur de mourir. Et si ce n’est pas totalement mauvais, j’avoue avoir très largement préféré toute la première partie du jeu. Par contre, et ce sans spoilers, que dire de ce final, qui change encore une fois radicalement d’ambiance ? Et qui surtout est sans arrêt à deux doigts de sombrer dans le ridicule ? Surtout que ce final est censé nous expliquer un peu l’ensemble, mais qu’à la place, on se rend compte que ça ne raconte pas grand-chose…

On finit donc ce Bring to Light sur une note assez amère. Le jeu aura su nous séduire durant ses premières heures, nous happer par son ambiance vraiment stressante, même lorsqu’il s’agissait d’avancer dans un simple couloir, avant de sombrer dans sa dernière partie. Mi jeu d’horreur, mi jeu d’énigmes, le jeu va en décevoir plus d’un. Il a beaucoup de qualités, notamment une bonne direction artistique, un travail sur le son exemplaire, quelques bonnes idées, et même pas mal d’énigmes qui ont de la gueule. Mais à côté, le jeu change radicalement mi-parcours, délaissant alors toute ambiance et semblant d’intrigue, l’IA n’est pas fameuse, et on pourra pester contre quelques murs invisibles par moments. À noter par contre, ce qui est rare pour ce genre de petits jeux, qu’il a été intégralement traduit en Français. Malheureusement, la traduction, notamment pour les diverses notes (une cinquante à ramasser dans l’aventure), est assez catastrophique, avec des mots manquants et des phrases qui parfois ne veulent vraiment rien dire. Que dire au final sur ce jeu ? Le conseiller ou pas ? Très difficile à dire, avec ces changements de direction assez fréquents. Il plaira à certains, va en énerver d’autres. Les fans de Lovecraft (ou de la nouvelle Le Train de l’Abattoir de Clive Barker) apprécieront l’univers général. J’ai été pour ma part réceptif à l’ambiance, ai beaucoup aimé la première partie, avant que l’intérêt ne redescende par la suite, et soit totalement absent lors de la dernière séquence du jeu. Dommage, mais sympathique, surtout que court.

Les plus

Une direction artistique sympathique
Bon travail sur l’ambiance sonore
La première partie, très prenante et stressante
Des énigmes, c’est si rare de nos jours

Les moins

Mais plus d’ambiance dans la seconde partie
Trop d’énigmes par moment
Séquence finale totalement ratée
Traduction française mauvaise

En bref : Voilà bien un jeu compliqué à aborder, compliqué à détaillé, compliqué à aimer, compliqué à détester, compliqué à conseiller ou pas. En jeu horrifique, la première partie fonctionne super bien, mais l’ambiance est totalement absente de la seconde partie, qui met en avant des énigmes assez répétitives basées sur la lumière. Pas désagréable en tout cas, malgré un final bien raté.

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