Final Fantasy X-2 Remaster (2004 – RPG)

FINAL FANTASY X-2 REMASTER

2004 (remaster 2015)
Studio : Square Enix
Genre : RPG
Multijoueur : Non
Joué et testé sur : PS4
Existe sur : PS2, PS3, PS Vita, PS4
Support : un disque

Synopsis : Deux années se sont écoulées depuis que Yuna et ses amis ont vaincu Sin. Spira vit l’éternelle félicité. Mais lorsque Yuna visionne une sphère apportée par Rikku où une personne ressemblant à Tidus est retenue dans une cage, elle décide de rejoindre le clan des Albatros, des chasseurs de sphères, pour découvrir la vérité.

Bien que je n’avais pas apprécié Final Fantasy X à sa sortie, la sortie du remaster m’avait fait fortement réévaluer le titre. Oui, Final Fantasy X est un bon jeu. Après la sortie de cet opus, Squaresoft devient Square Enix, et voilà que pour la première fois dans la saga, un nouvel opus va débarquer, mais pas Final Fantasy XI non, mais une suite au X, un Final Fantasy X-2. À l’époque, le jeu fut mal reçu par une partie de la presse et surtout par les fans. Ayant aimé le X, je me suis donc empressé de lancer cette suite pour poursuivre l’aventure de Yuna et ses amis. Et en un temps record d’une cinématique d’ouverture, tout s’écroule. Oui, jouer à Final Fantasy X-2 alors que l’on vient de finir le X, c’est passer d’une fin déchirante, d’un boss titanesque sur une musique métal à une ouverture où notre invoqueuse timide au cœur déchiré est devenue chanteuse de J-Pop dans un stade illuminé. Première réaction sans censure face à cette ouverture : Putain de merde ! Oui, je suis tombé de haut. De très haut ! Et le souci majeur, c’est que tout Final Fantasy X-2 est ainsi. Un jeu, une suite, où tout ce qui était réussi dans le X est oublié, violé même, et ce qui ne l’était pas a été rajouté mais dans un univers qui ne fonctionne pas. Oui, ça fait mal, très mal… Yuna est donc devenue chasseuse de sphère avec Rikku et une nouvelle venue, Paine. Et c’est bien connu, quand on part à l’aventure, on s’habille comme il faut. Adieu le kimono d’invoqueuse, la belle tenue pratique de Rikku, et bonjour aux tenues ecchi made in Square Enix pour faire baver le jeune adolescent.

Oui, Yuna porte des mini shorts, Rikku se ballade tout le jeu en soutif… Seconde réaction : Putain de merde ! Pour aller plus vite dans cette critique, parlons de ce que cette suite fait bien ! Bon, le jeu est beau. On retrouve tous les lieux ou presque du jeu original, et arriver dans certains de ces lieux nous remplis de nostalgie, en repensant à ces moments magiques. Avant que l’instant d’après n’anéantisse tout, mais c’est une autre histoire. Le jeu est fluide. Les combats sont plus dynamiques et la barre ATM revient. Et puis… et puis c’est tout. Non, quelques moments fonctionnent très bien, notamment lorsque le personnage de Yuna se rappelle des événements, où que des éléments viennent l’interroger sur sa quête, sur ces choix. Malheureusement, ces moments sont rares et à côté de ça, c’est clairement le drame. Les personnages sont tous violés et n’ont plus grand-chose à voir avec ce que l’on connaissait. Certes, deux ans se sont écoulés, et forcément, les événements du premier jeu forcent les personnages à évoluer, à changer. Mais pas à ce point là malgré tout.

En fait, on a tout simplement l’impression que pour fêter la fusion de Square Enix, les développeurs se sont allumés un gros joint en regardant des clips de J-pop, et une discussion sur comment se faire de l’argent facile a eu lieu. Après une interminable conversation non sensique, la réponse était là. Donner une suite au X car cela ne coûtera pas cher, tous les décors sont déjà programmés, et écrire une histoire à la va vite. Clairement à la va vite puisque la quête principale peut se terminer en moins de 15 heures, et que celle-ci est d’un niveau catastrophique. L’exemple typique sera le début de l’acte 2 ! On récupère une sphère à la fin du premier acte (sur 5 actes), et donc, on la visionne. Une scène forte, qui vient remettre certains événements passés en doute, qui amène des questions importantes et qui semblent intéressantes. On se dit que le jeu démarre enfin vraiment ! Sauf que… sauf que l’instant d’après, un personnage se dit stressé, et que pour aller mieux, il faudra que Yuna danse ! NON !!!!!! Les autres personnages sont en retraits et ne participent pas vraiment à l’aventure. Adieu Wakka, Lulu et compagnie. Oui, nous pourrons aller les voir, cela amènera parfois des quêtes secondaires rapides (genre 5 minutes de trajet, un combat, fin de la quête), et puis voilà. La seule chose que Square Enix semble avoir comprit avec ce second opus, c’est que les joueurs s’étaient plaints du manque de liberté du premier opus.

Donc ici, l’aventure principale est ultra courte, les quêtes annexes nombreuses (plus longues que le jeu principal, c’est dire), et nous pouvons aller où l’on veut quand on veut. Maigre consolation face au carnage. Comme je l’ai dit plus haut, le système de combat a été revu aussi. Adieu le tour par tour ultra stratégique, car ici, la barre ATM revient. Mais pas comme dans Final Fantasy IX, où la barre montrait, et une fois notre tour arrivé, le combat se figeait pour nous permettre de frapper stratégiquement. Non non non ! Ici, le combat ne se met pas en pause. Si bien que si l’on ne connait pas les magies disponibles où les caractéristiques des vestiges portés et que l’on traîne dans le menu de choix, l’ennemi lui continuera de nous attaquer, et on prend cher ! Et comme on découvre le système de combat dés l’instant suivant la cinématique d’ouverture… oui, vous vous doutez de ma réaction, une nouvelle fois ! Comment est-ce possible ? Pourquoi d’ailleurs, pourquoi ? Square Enix partait avec un bon point, celle de prolonger l’aventure avec un tout nouveau jeu, celle de nous permettre de continuer de vivre l’aventure auprès de nos personnages. Et à la place, ils changent tout pour nous fournir un produit racoleur, vulgaire, crétin. Crétin oui, car laissez-moi vous parler de l’humour du jeu, très girly mais surtout de bas étage ! Oui, nous jouons trois filles qui partent à l’aventure, donc forcément, ben ça parle de trucs de filles, ça balance des vannes foireuses ! Ça fait mal au cœur quoi ! À la limite, Paine sera la moins énervante, car la moins bavarde.

Et nous donner de la liberté, beaucoup de quêtes secondaires, ça ne me suffit pas pour oublier que tout le reste à côté, ben ça craint un max ! Qu’a-t-il bien pu se passer ? La réponse est simple. L’équipe derrière le projet n’est absolument pas la même que pour le X. Squaresoft devient Square Enix, et tout disparaît. Même Uematsu Nobuo, célèbre compositeur de toute la saga, n’est pas présent. Si X était un jeu triste, X-2 devient un jeu pop, coloré, musicalement enjoué, avec des personnages principaux devenues des pouffes. Et un jeu raté par dessus tout. La quête principale a beau être ultra courte, il faut s’accrocher pour voir le bout. Autant j’avais fais le X de manière rapide avec de longues sessions, autant ce X-2 m’aura fait faire des pauses à chaque aberration du jeu, c’est-à-dire super souvent. Il y a comme un gros contraste entre les interrogations de Yuna et l’esprit général du jeu. Il suffit de la voir penser au passé lors d’une scène puis prendre la pose avec ses amies en rigolant l’instant suivant. Et ce genre de moments constitue malheureusement le jeu dans son intégralité. Oui, dans l’acte 2, on devra essayer de voler des vêtements pour rentrer dans le QG de l’ennemi incognito, et alors qu’on touche au but, non, nos jeunes femmes s’émerveillent devant une source d’eau chaude et décident de prendre un bain et de faire une bataille d’eau.

Ne parlons pas de l’acte 4 de l’aventure, sans doute le plus rapide que j’aurais vu de ma vie, pouvant être bouclé en 20 minutes chrono en main, puisqu’il suffit de courir après un bonhomme, d’affronter un monstre, puis de regarder une cinématique de Yuna qui chante. Une cinématique que l’on ne pourra même pas passer, contrairement à toutes les autres du jeu… Torture ! Si Final Fantasy X nous montrait par moment des personnages qui découvraient la vie et pouvaient avoir des réactions naïves, ils restaient néanmoins touchants et vrais. Tout l’opposé de cette suite, qui énervera au fur et à mesure de son déroulement. On espérera sans cesse que l’intérêt remontera, ou qu’une idée géniale nous fera dire qu’il fallait s’accrocher, comme lorsque les chimères refont surface et que l’on devra affronter Bahamut puis toutes les autres, ou encore avec le système de capture de monstres… Mais non, rien à faire, Final Fantasy X-2 est une merveilleuse coquille vide. Merveilleuse car techniquement le jeu est bon (bien que la plupart des musiques m’énervent), que certains ajouts sont bien vus, mais vide de tout, et surtout vide de sens. Final Fantasy X avait cartonné, et il faut croire que les dirigeants de Square Enix se sont dit que c’était le bon filon pour nous avoir. La preuve ? La version Japonaise avec un mode en plus (présent dans ce remaster), la version internationale avec un peu moins de contenu, le récent remaster donc, le nombre d’ost sur le marché, sans compter les singles pour les morceaux de J-Pop du jeu… Sans parler du minimum syndical à certains niveaux. Comme Lulu, personnage important du premier jeu, ici enceinte de neuf mois, et cela ne se voit pas, car le modèle 3D utilisé est exactement le même que sur le précédent… Final Fantasy X-2 était très décrié à l’époque. Et il continuera de l’être avec le temps. Pour ma part, une belle purge.

5

Les plus

Toujours aussi beau
Quelques rares bonnes idées
De la liberté et une tonne de contenu annexe

Les moins

Des personnages catastrophiques
Une écriture énervante
Voir ce qu’est devenu le monde de Spira…
Une musique allant avec le visuel…
Une intrigue principale très courte

En bref : Final Fantasy X-2 a toujours été un jeu mal reçu. Avec sa sortie en version remaster, ça ne risque pas de changer, surtout qu’il est vendu avec son ainé, le très bon Final Fantasy X. Tout ce qui fonctionnait dans le X est anéanti ici, et ses rares défauts sont corrigés, remplacés par d’autres défauts encore plus gênants.

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