Deadly Premonition: The Director’s Cut (2010 – Aventures)

DEADLY PREMONITION: THE DIRECTOR’S CUT

2010
Studio : Access Games
Editeur : Rising Star Games
Genre : Twin Peaks
Multijoueur : Non
Joué et testé sur : PS3
Existe sur : PS3 – X-Box

Synopsis : L’agent du FBI Francis York Morgan est en chemin pour la petite ville de Greenvale avec sa seconde personnalité, Zack, pour élucider le meurtre d’une jeune femme. Il va faire équipe avec le shérif George Woodman et son assistante afin de trouver le coupable dans une enquête bien plus compliquée qu’elle n’en a l’air et flirtant souvent avec le paranormal.

Dur, très dur d’écrire sur un jeu tel que Deadly Premonition, tant les standards habituels du jeu vidéos ne s’adressent pas franchement à ce jeu, dont la version Director’s Cut arriva en Europe tardivement, en Avril 2013 sur PS3. Déjà parce que le jeu tire sa plus grande inspiration non pas dans le monde du jeu vidéo, mais dans celui du cinéma, et plus précisément du monde de la télévision avec la série Twin Peaks créée par Mark Frost et surtout David Lynch. Mais pas seulement, puisqu’en terme de graphismes et de gameplay, disons le clairement, le jeu est totalement à la ramasse, plutôt digne d’un jeu PS2, mais pas d’un jeu PS2 en fin de vie, donc très beau, juste un honnête jeu PS2. Etre fan de Twin Peaks et de l’œuvre de David Lynch en général, de Eraserhead à INLAND EMPIRE en passant par les chef d’œuvres Twin Peaks, Lost Highway et Mulholland Drive est donc forcément un peu plus pour apprécier le jeu, dont les grandes qualités se trouveront dans son scénario, la façon dont il est raconté, et bien entendu, son ambiance et les personnages peuplant cet univers. Car dès le début du jeu, aucun doute là-dessus, Deadly Premonition annonce clairement ses influences, ses qualités, et ses nombreux défauts. Après une courte scène ramenant à la Red Room de Twin Peaks (mais dont le nain dansant et parlant à l’envers serait remplacé par deux enfants), on retrouve notre personnage principal, l’agent du FBI Francis York Morgan, dans sa voiture, fumant une cigarette, conduisant de nuit, sous la pluie, vers la petite ville de Twin… ah non, de Greenvale, pour élucider le meurtre d’une jeune femme qui travaillait dans un restaurant.

Soyons clair, jamais l’œuvre de Lynch ne quittera Deadly Premonition, que ce soit dans son ambiance ou dans ses choix. On retrouve un tueur mystérieux assassinant de jeunes femmes, des rêves étranges, un agent du FBI tout aussi étrange, qui parle à une seconde personnalité, Zack (au lieu de parler sans cesse à Diane via un enregistreur audio), une petite ville en apparence tranquille mais qui cache bien des secrets. La petite ville semble très influencée par Twin Peaks, avec ses petites maisons, ses usines perdues en forêt, ses grands arbres un peu partout, même le grand hôtel près du lac où va dormir notre agent du FBI. Pour coller encore un peu plus à cette ambiance, on retrouvera toute une galerie de personnages, parfois étranges, parfois un peu fou, parfois cachant de grands secrets. L’intrigue, découpée en plusieurs chapitres flirtera très souvent avec le fantastique, et à chaque chargement de partie, on aura droit à un résumé des épisodes précédents. Même musicalement, le jeu semble parfois s’inspirer du fameux show TV avec ses thèmes parfois décalés, parfois amusants, le tout malheureusement un peu trop souvent utilisé pour faire effet sur toute la durée du jeu. Bref, jouer au jeu des différences est quelque chose d’impossible à arrêter plus on évolue dans le jeu, même si dans le fond de son histoire, Deadly Premonition fait des choix l’éloignant parfois de Twin Peaks et réserve d’excellentes surprises. La fin notamment pourra en mettre certains sur le cul.

Ainsi, suivre cette histoire, bien que très influencée, est un vrai plaisir. L’on sent en permanence un grand travail d’écriture, autant pour l’histoire de base que les nombreuses quêtes secondaires ou les personnages, très nombreux (ainsi, les suspects seront nombreux également). Dommage que le reste ne suive pas puisque l’aspect purement graphique et finalement « jeu vidéo » du jeu en rebutera plus d’un, qui ne prendront même pas la peine de vraiment avancer dans le jeu, préférant passer à un autre jeu. Car si le jeu déborde de bonnes idées et de bonnes intentions, il y a aussi derrière sans doute un manque de temps, ou d’argent. Déjà, Deadly Premonition est moche. Très moche. On s’en rend compte dés que l’on lance le jeu (voir avant, en laissant juste le fond d’écran apparaître avant de lancer le jeu). Les personnages, s’ils sont tous différents, ne sont pas très beaux, les décors sont souvent vides, les textures pas excellentes, certains éléments mettent du temps à s’afficher à l’écran, certains effets sont à la ramasse, les effets d’eaux sont particulièrement horribles (pluie comme lac). Visuellement, malgré des trouvailles pour mettre cet univers en scène (découpage des cinématiques, cadrages, rythme, cohérence de l’univers), c’est très moche donc, et il faudra s’y faire pour profiter de l’aventure.

Mais ce n’est malheureusement pas le seul souci que Deadly Premonition traîne avec lui, loin de là. En se voulant être un jeu d’enquête dans une petite ville isolée, le jeu nous propose donc, logiquement, d’enquêter, sur plusieurs jours. On aura donc des missions, principales, des secondaires, on pourra se balader comme on veut dans la ville à pieds ou en voiture de police, questionner les habitants, le temps passe, parfois il fait nuit. Il faudra également gérer son appétit, sa fatigue. Beaucoup d’excellentes idées pour rendre le jeu réaliste et prenant. Dans les faits oui, mais dans son application, c’est encore une autre histoire, tant l’interface se fait lourde. Quand on se balade à pieds, les pas de notre agent du FBI se font lourds, on aura droit à des bugs graphiques, et des bruitages de pas énervants et peu crédibles (le changement de sons quand l’on passe de pas sur le béton à des pas sur l’herbe met un temps avant d’arriver), et la maniabilité se fait capricieuse et délicate. Et vu la grandeur de la ville, où les bâtiments sont bien éparpillés, on préférera parfois prendre une voiture pour ne pas perdre de temps. Et là c’est le drame : bruitages ridicules et encore plus horribles, maniabilité lourde au possible si bien que prendre un virage nous fait souvent finir dans le mur. Pour faire passer la pilule, York pourra parler avec son ami imaginaire Zack lors des phases de conduite, et là, ça va souvent parler vieilles séries B des années 80 comme Tremors et j’en passe.

Car oui, les dialogues, que ce soient ceux de l’intrigue principale, des quêtes secondaires, ou tout simplement de simples dialogues anodins, font souvent preuve d’un second degré excellent. Mais revenons à nos moutons. Le jour, on enquête, on court, on conduit, on interroge les habitants ou on se rend sur les lieux du crime à la recherche d’indice. Mais souvent, surtout lorsqu’il fait nuit ou que l’on se rend sur un lieu spécifique pour faire avancer l’enquête ou lorsqu’un événement crucial va avoir lieu, l’équipe semble s’être inspirée du jeu Silent Hill, puisque Deadly Premonition passe d’un jeu d’enquête dans un monde ouvert à une réalité altérée peuplée de monstres étranges qui peuvent sortir des murs et du sol. Il va donc falloir prendre le flingue, le fusil ou d’autres armes pour évoluer dans des couloirs glauques. Ces parties sont encore une fois malheureusement assez ratées, la faute dans un premier temps à la maniabilité hasardeuse, et surtout à une certaine répétitivité dans nos actions. Couloir, ouvrir une porte, tuer les ennemis, chercher s’il y a des objets, puis couloir suivant et ainsi de suite. La partie Survival Horror du jeu n’est donc pas des plus passionnante, dommage. Et pourtant, malgré ses nombreux défauts, la plupart du temps technique, on ne pourra s’empêcher de revenir assez souvent sur le jeu, pour le finir au moins une fois et savoir le fin mot de l’histoire.

Pour finir sur le gameplay du jeu lors des phases Survival Horror, on pourra également citer quelques QTE, heureusement très rares, mais assez mal fichus. York est attrapé, jeté au sol, et là, vous avez une seconde pour appuyer sur la bonne touche (mitrailler la bonne touche plutôt) sous peine de coup de hache mortel qui nous met un game over direct. Pareil pour certaines phases où il faudra se cacher en temps limité, soit dans un placard ou sous un lit, sous peine de game over direct. De quoi nous faire crier devant notre console. Alors oui, techniquement, le jeu est à la ramasse. Assez moche, au sound design étrange et faignant, avec un gameplay capricieux et parfois bancal et bien lourd comme il faut, peuplé en plus de bugs graphiques, d’un certain délais d’affichage et de fautes d’orthographes ignobles dans les sous titres, Deadly Premonition pourrait être un jeu à éviter, s’il ne possédait pas une ambiance prenante, un scénario extrêmement bien écrit aux influences brossant le fan de Lynch dans le sens du poil, ainsi que des personnages intéressants et des dialogues souvent très bien écrits. Le jeu en irritera plus d’un, certains abandonneront bien vite, d’autres s’accrocheront pour arriver jusqu’au bout et élucider le mystère de Greenvale.

13

Les plus

Le scénario

L’hommage (copiage?) à Twin Peaks

De très bons dialogues

Un mix enquête/survival horror

Excellente durée de vie

Les moins

C’est moche

Maniabilité hasardeuse

Des sons étranges

Des bugs

La partie survival horror

Les QTE qui nous font souvent mourir

En bref : Deadly Premonition en a des défauts. En pagaille, partout, à chaque instant. Et pourtant, il n’est pas dénué de qualités, dans son écriture, son second degré, son ambiance, et surtout dans ses idées. Certains accrocheront, certains subiront.

2 réflexions au sujet de « Deadly Premonition: The Director’s Cut (2010 – Aventures) »

  1. kiseiju69

    Comme tu l’as dis, il est impossible de ne pas penser à Twin Peaks quand on joue à ce jeu !
    Personnellement, j’aurais plus mis un 14/20 car l’histoire est vraiment intéressante et j’adore l’ambiance. Le tueur avait son impér et sa hace, c’est classe.
    C’est dommage que le jeu soit mauvais techniquement ! Autre point négatif, tous les passages en voitures assez mou.

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    1. lovingmoviesfr Auteur de l’article

      Surtout que je le refais Twin Peaks en ce moment, les influences et autres sont énormes ! Je réfléchissais justement à monter à 13 la note.
      Les phases en voiture sont atroces, entre les murs que tu te prends tout le temps, le son du moteur à la ramasse, et si tu tombes en panne faut courir looooongtemps lol

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