Fear Effect 2 : Retro Helix (2001 – Science Fiction)

FEAR EFFECT 2: RETRO HELIX

2001
Studio: Kronos Digital
Editeur: Eidos
Genre: Science Fiction / Survival Horror
Multijoueur: Non
Joué et testé sur: PSX

Support: 4 CD

Synopsis : Hana Tsu Vachel est une mercenaire, mi française mi chinoise. Elle accepte divers boulots afin de racheter son contrat aux triades. Jin, son employeur, l’envoi pour une nouvelle mission avec sa petite amie Rain Quinn. Elles vont devoir s’infiltrer dans une tour hautement surveillée afin de voler le Retro Helix, antidote au virus attaquant toute la population à partir de leur code génétique.

En 2000, Fear Effect premier du nom avait fait son petit effet. Pile un an après, Fear Effect 2 : Retro Helix, une préquelle, débarquait, et se fit encore plus remarquer. Et finalement, le monde se divisa en trois catégories. Ceux qui ont adorés le jeu pour ce qu’il est, ceux qui étaient déçu de voir le jeu débarquer sur la première Playstation, et ceux qui étaient choqués par le contenu, résolument adulte, du jeu. Malgré une petite déception du fait que le jeu soit en effet sorti sur Playstation 1 (un troisième opus fut en développement sur PS2, puis annulé, et à présent, Kronos Digital n’existe plus), Fear Effect 2 est un petit bijou, reprenant tous les éléments du premier opus (même les petites erreurs) pour nous fournir un jeu certes identique, mais tellement prenant et intelligemment écrit qu’il est dommage de s’en priver. Se déroulant dans des angles très cinématographiques à la manière d’un Resident Evil, auquel il est vrai, Fear Effect doit beaucoup, le jeu est résolument adulte et propose un jeu dense et relativement inédit pour son époque. Le jeu nous propose donc d’incarner tour à tour quatre personnages. On apprend donc comment les trois personnages du premier opus se sont rencontrés, et à celui s’ajoute une petite nouvelle. La cinématique d’ouverture nous met dans le bain : ambiance sombre, voir parfois bien glauque, univers futuriste, personnages tous sauf parfaits. Dans un Hong Kong futuristique, on se retrouve dans la peau de Hana, mercenaire acceptant des contrats payant bien afin de racheter son contrat aux triades. Elle travaille avec la pulpeuse blonde Rain, qui vit avec elle depuis qu’elle l’a découverte dans un cimetière de nuit. Les deux sont depuis très (mais vraiment très) proches. A leurs côtés, on retrouvera plus tard dans l’aventure les deux personnages masculins du premier opus : Glas et Deke. Glas nous est présenté comme un alcoolique au bout du rouleau, tandis que Deke, gros bourrin de service, nous est présenté comme un homme froid qui adore tuer.

Deux lesbiennes, un alcoolique et un bourrin, oui, le jeu n’est résolument pas pour les enfants. Répartie sur 4 CD, l’aventure comme dans les égouts, et pour celui qui ne connaît pas le premier opus, la surprise est de taille (ce fut mon cas). Le style visuel du jeu est en effet assez unique, ou du moins l’était pour l’époque. Les personnages sont très typés manga, tous comme les différents objets que l’on peut ramasser durant l’aventure, et on les fait évoluer dans des décors sans cesse en mouvements. Les décors sont en fait des vidéos tournant en boucle, permettant ainsi des mouvements, des jeux d’ombres sur les murs. Le rendu, bien que maintenant vraiment très pixélisé, est étonnant et permet de se plonger très rapidement dans l’ambiance du métrage, qui commence de manière fort glauque dans les égouts donc. Visuellement, malgré les nombreux pixels, c’est sublime. D’autant plus que les différents environnements au fur et à mesure des 4 CD sont très variés. Si l’on commence l’aventure dans la crasse des égouts, on évoluera ensuite dans des sous sol, des soirées de riches, des laboratoires top secrets, des tours géantes, des villages abandonnés (et hantés), afin que l’histoire ne vire totalement dans sa dernière partie dans le fantastique. Et c’est bien simple, tout évoluera au fur et à mesure du jeu, tout en gardant en permanence, que ce soit dans les situations, dans la complexité du scénario, dans les ennemis, dans le graphismes ou les personnages, un aspect résolument pour adultes.

Pour la première moitié du jeu, la partie futuriste, on incarne tour à tour Hana et Rain, et le jeu aimera nous rappeler à chaque dialogue qu’elles sont lesbiennes. Procédé gratuit (qui s’atténuera par la suite) mais annonçant clairement la couleur. Les dialogues du style « Amène ton joli petit cul ici » ou « J’aime quand tu es autoritaire sont légions ». Mais Kronos Digital vont encore plus loin, puisque l’un des boss de ces premiers niveaux sera un pervers avec un gros couteau vous appelant « Little Pussy Cat » ou que pour échapper à des caméras de surveillance, il faudra ne pas hésiter à retirer votre robe et à vous rapprocher de votre amie. L’aspect sexuel est très présent durant toute la première partie du jeu, mais la violence n’est pas en reste. De nombreux ennemis seront là pour vous rendre la vie dure et vous faire stresser, comme des robots de maintenance armés de mitrailleuses, des gardes armés jusqu’aux dents. Que ce soit Hana ou Rain, les demoiselles meurent facilement, et les munitions se font parfois rares, si bien que l’on stresse facilement en ouvrant une porte, par peur de ce qui pourrait se trouver de l’autre côté. Mais en plus de la difficulté du jeu, on pourra ajouter certains passages ou, si vous n’êtes pas assez rapide pour fuir ou faite une mauvaise manipulation, c’est la mort, directe, pure et simple.

Avec son mélange de sang et de sexe, ses personnages intéressants, son style visuel prenant et son ambiance glauque, Fear Effect 2 a presque tout pour être le jeu parfait, et surtout, pour adultes. Car on pourra ajouter au tableau des énigmes, pourtant toujours logiques, mais d’une difficulté parfois très élevée, si bien que l’on pourra parfois passer de très longues minutes sur une énigme simple juste parce que la logique nous échapper (et ensuite trouver vraiment plus dur dans la pièce suivante). En mixant aussi aisément l’action et les énigmes, les développeurs ont fait fort, mais n’ont malheureusement pas pris le temps de se pencher sur un des défauts du jeu d’origine : sa maniabilité. Celle ci est loin d’être parfaite, malgré quelques idées géniales, comme l’inventaire en temps réel. D’une simple pression sur carré ou rond, on peut changer d’armes ou utiliser des objets sans avoir besoin d’appuyer sur Start. Mais à côté de ça, les déplacements des personnages sont parfois hasardeux, et on se retrouve souvent bloqués contre un élément du décors que la caméra ne nous laisse pas voir totalement. Un défaut énervant dans les premiers instants, auquel on finit par s’habituer pour profiter de la qualité générale du jeu. Car si la mise en scène s’avère originale et très réussie, tout comme son style visuel et les nombreuses voix du jeu (à ce niveau d’ailleurs, aucun temps de chargement en passant une porte, ou en passant du jeu à une cinématique), le plus gros point fort de Fear Effect 2 sera son scénario (qui était déjà excellent dans le premier opus).

Commençant comme un jeu d’aventures, avec beaucoup d’infiltrations (après les égouts, il faudra s’infiltrer dans un complexe pour désactiver la sécurité, puis rejoindre une soirée afin de s’emparer d’empruntes et de cheveux avant de rejoindre un laboratoire pour finalement voler la séquence ADN que l’on cherche), Fear Effect 2 se déroule dans un Hong Kong futuriste pouvant rappeler Blade Runner par instant. Les complexes sont détaillés, gigantesques, le scénario se fait simple mais très efficace, et les retournements de situations sont nombreux. Mais passé cette partie (on y passera facile 6h la première fois, seulement 3 en recommençant le jeu), le scénario nous montre enfin véritablement où il veut en venir, et les quatre personnages se rencontrent. Là, l’ambiance changement littéralement, autant visuellement (adieu la ville du futur, bonjour les villages d’époques abandonnés) que musicalement (parfois on se croirait dans une ambiance à la Histoires de Fantômes Chinois). Même les ennemis changent totalement, on se retrouvera avec des êtres difformes (et stupides), des fantômes, et même des vampires sauteurs (oui oui, comme dans Mr Vampire). On plonge dans le folklore Chinois d’un coup, et le mix entre ses deux univers fonctionne à merveille, à la surprise générale. Le fantastique entre en jeu, l’histoire se révèle et s’annonce beaucoup plus complexe que prévue (les virus, l’humanité, les doubles, les démons) tout en restant toujours pour adultes (un enfant aura vite décroché face à toutes les informations, et face au contenu gore et sexe de toute façon). Pour l’amateur d’œuvres complexes, c’est un vrai régal, et cette seconde (longue) partie se révèle même supérieure à la première, avec des plongées dans des lieux imagés, dans le passé même, pour des épreuves courtes mais intenses.

Face à un tel résultat, il est vraiment dommage que Eidos mit un terme à la saga en 2003, et que Kronos Digital n’existe plus. Un troisième opus, dont les premières vidéos nous montrait Hana enfermée dans un hôpital psychiatrique, avait tout pour plaire, et nous montrer ce que les développeurs avaient vraiment dans le ventre (le même procédé sans les pixels visibles). La saga en restera malheureusement à cette préquelle, se finissant au bout d’environ 15h (moins la seconde fois). Relativement court certes, mais tellement passionnant qu’on s’y replonge, ainsi que dans le premier opus, avec un réel plaisir. A noter que Uwe Boll (House of The Dead, Alone in the Dark, Bloodrayne, Rampage) devait adapter le jeu, Eidos voulant vendre les droits avec ceux de Hitman. Finalement, Hitman a été fait sans Uwe Boll, qui a donc laissé tomber Fear Effect, qui tomba entre les mains de… Stanley Tong (Jackie Chan dans le Bronx, Contre-Attaque, The Myth). Le film ne s’est finalement jamais fait, et depuis, la licence est quelque peu oubliée (dommage dans le fond, un film aurait pu relancer un troisième opus sur consoles nouvelles générations).

Les plus

Le style visuel

Le scénario très travaillé

Un cocktail gore et sexe pour adultes

Les personnages

Les moins

Des soucis de maniabilité

Durée de vie trop courte

En bref : Fear Effect 2 ne change rien au style du premier opus (défauts comme qualités), mais propose des environnements plus variés, un nouveau personnage et un scénario encore une fois en béton armé. Du très bon.

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